Coeurs collés en bagagères

par Paonam  -  16 Décembre 2016, 12:05

Entre les antennes régénératives des bus stationnés qui se touchent, de petits groupes collés en rubans parviennent à se faufiler pour tenter d'apercevoir les Saint Michel de coquilles vides, correspondants aux voeux de pétards mal éteints dans les entrelacs des brumes spirituelles, en bas des légendes. Personnellement je suis mal informé sur les espoirs que suscitent les prothèses, même si les offres groupées semblent présenter des avantages et mutualiser les risques. Même si dans les Flandres on ne trouve que des Charlottes miniature. Elles ne parviennent pas à me dissuader de tourner les talons, sur la base de ma liberté d'être une pieuvre ou pas, ou d'épouser un tourteau pour la journée si ça me chante. J'ai de la compassion à outrance, ça m'aide à pouvoir imaginer vivre dans des endroits les plus improbables, même réputés venteux. Alors vive la plage, pour mes sextuples exercices de voix, un matin comme aujourd'hui, où les pêcheurs ne s'entremêlent  pas les lignes. J'accorde de l'importance à la dignité de mes vertèbres qui me confèrent un prestige de tour Eiffel, à côté d'un groupe de mollusques, aussi intrépides soient-ils, à vouloir circuler entre les roues des bus de ma première ligne. Il n'y a rien de confidentiel là dedans. Aujourd'hui c'est jour de restauration pas chère, chez des Jean Pierre blonds, bouclés, croyants, qui ont le goût du commerce. Quelque part dans le monde il y a quelqu'un, un jour, qui a inventé les soustractions. Il est inutile de remettre ça en cause.
 

Coeurs collés en bagagères
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :